Publié le 29 Juin 2013

Des univers en goutte de pluie, des Haikus musicaux comme des tsunamis émotionnels

Cela fait longtemps que la musique de The Innocence Mission accompagne quelques chanceux parmi nous...
Une musique qui sait s'affranchir d'un folk geignard et par trop pastoral, écueil dans lesquels quelques barbus à chemises à carreaux tombent parfois à pieds joints avec ces mêmes références un peu usagées à Thoreau... Quelque part du côté d'une exacerbation des sentiments trés adolescente à la mode "Into The Wild".
Certains s'y cassent les dents, d'autres nous bouleversent avec des mélodies boisées qui contournent les terrains balisés comme Les Evening Hymns du canadien Jonas Bonnetta ou encore le couple Don et Karen Peris au sein de The Innocence Mission.

La musique de The Innocence Mission nous renvoie toujours vers les chemins de l'enfance, vers des moments de rires et de joies précieux car éphémères. The Innocence Mission nous met dans des états paradoxaux de mélancolie joyeuse.

C'est donc avec enthousiasme que j'ai apppris la nouvelle de la sortie du premier album solo de Karen Peris. Je savais que je retrouverai cette voix rayonnante d'humanité qui s'adresse à chacun de nous.

Des univers en goutte de pluie, des Haikus musicaux comme des tsunamis émotionnels

Mais revenons un peu sur les origines de "Violet"...
Cet album est issu des séances de préparation du prochain album du groupe.
Des "chutes de studio" (comme le dit modestement Karen Peris) qui n'ont rien à envier par exemple aux joyaux présents sur le sublime "Befriended" de 2003.


Ce qui frappe par contre dans cet album, c'est l'omniprésence du piano comme dans l'inaugural "Song for a new day" et son élévation progressive.
Puis vient la guitare fragile et crève-cœur de Don Peris et nous nous lovons dans cette musique qui nous accueille doucement.

Avec " Pascal's evening song", s'ouvre la série de morceaux instrumentaux... C'est un peu comme une osmose entre les ballades douces-amères de Michel Legrand et les formes gymnopédiques d'Erik Satie. Une musique où prime la sensibilité et les nuances des entre-deux.

Comment créer un univers dans une goutte de pluie ? Comment parvenir à réduire des sentiments universels à une poignée de notes déchirantes et de secondes éternelles ? Comment provoquer à partir d'un Haiku musical un tsunami émotionnel ?
Ecoutez " Wales because the sun would shine" ou encore "Julie and the universe" et ses tonalités fin de siècle et vous aurez un début de réponse en forme de points de suspension à ces questions...

"Violet" aurait pu se trouver sur " My room in the trees" (2010) avec cette voix qui vous donnerez envie de croire que le vent dans les arbres, les sourires de votre enfant, la vague qui vient mourir dans une caresse, que tout cela n'est pas le fruit du seul hasard, que quelque chose plus haut nous guide et nous soutient.

"Procession" me hante depuis ma première écoute, un dimanche de cet hiver qui n'en finissait pas de finir, un de ces aprés-midis au temps neutre ni froid ni chaud, où je me baladais entre forêt et bord de mer en voyant au loin ces oiseaux de mer qui fuyaient vers des terres plus chaudes.

"Sweet William" aurait sa place dans un album de Catherine Howe, Carole King ou la grande Laura Nyro...
Que de brisures pudiques dans cette voix, que de soupirs de douleur tendre dans ces souffles...

"The Blue Rooftops" et sa prolongation "Rowing across" vous accompagneront longtemps avec ces quelques instants volés au temps qui passe.

Cet album se termine sur une splendeur absolue, "Landscape with birds" où nous avons la certitude que ces oiseaux de mer nous reviendront toujours, que leurs ailes claqueront toujours dans le vent et nous protégeront de nos froids intimes...Nous savons avec force que les landes se réchaufferont, que les eaux opaques deviendront accueillantes, limpides et sincères comme la voix de Karen Peris.

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 27 Juin 2013

Ce n'est pas seulement parce que j'ai contribué, avec d'autres chroniqueurs de chez ADA, aux choix des titres de cette compilation que je vous en parle en ces lignes....

C'est d'abord et avant tout car vous avez ici une belle qualité et de belles choses à découvrir....

Quid d'Archet ? d'Orso Jesenska ? De Ventura et tant d'autres....

Alors une seule possibilité s'offre à vous, la télécharger légalement et en plus et surtout gratuitement....

Bonne écoute....

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 19 Juin 2013

Il est des musiques qui prêtent à ces errances proches du rythme de la flanerie du pas, du vagabondage qui prend le temps de s'emerveiller des paysages qu'il traverse, d'observer les ombres sur les cimes, de ces voyages quasi-immobiles dans ces forêts ensoleillées où pointent des zones de fraîcheur bienveillante.
Il en est ainsi de la musique d'Henri Crolla, de celle de Nino Rota, de celle de Gianluigi Trovesi ou encore de celle de Gianmaria Testa... Olivier Longre vient rejoindre ce cercle très privé de ces peintres d'une lenteur onirique et solaire...

Olivier Longre

Olivier Longre

Vous ne connaissez pas Olivier Longre et pourtant vous le connaissez sûrement sans le savoir...
Vous connaissez Amélie les crayons ? Sa chanson aux références tant Seventies (Catherine Sauvage,Moustaki,Anne Sylvestre,Barbara) que furetant du côté du folk lunaire des Innocence Mission....
Et bien si vous connaissez Amélie les crayons, vous connaissez Olivier Longre.

En effet, le guitariste de formation a fait les arrangements de "La Porte Plume", travail pour lequel il a d'ailleurs été récompensé du grand prix de l'académie Charles Cros en octobre 2007.I l a également apporté sa touche au dernier album d'Amélie paru en 2012, "Jusqu'à la mer".

Il sort ces jours-ci ce premier album solo, "Antique Melodies", un album très court de moins de 30 minutes...Un album qui fait appel à tous les sens, qui met notre vision en eveil... On ne sera pas surpris d'apprendre qu'en plus de ses activités de musicien,Olivier Longre est également photographe ... Pour preuve,cette belle photographie fantomatique en couverture de l'album qui donne envie de s'y plonger...
Il est parvenu d'ailleurs à unir ses deux activités en une seule à travers des chroniques qu'il propose régulièrement chez nos confrères de l'excellente "Oreille absolue"... Ces chroniques, "l'epreuve du son" ont pour but de mettre en sons les sensations ressenties à la vision d'une image....
Je crois bien que tout le postulat de départ d'"Antique Mélodies" est résumé dans cette démarche.... Evoquer par le son des images....

L'album s'ouvre d'ailleurs sur "Song Of Green Valley" qui marqua le début de ces chroniques dont l'idée était de faire se confronter et la musique et l'image dans un enlacement qui brise les frontières. Ce morceau nous baigne dans un univers nocturne et agréable, comme utérin.

"The Migrant" est la réorchestration de l'ouverture du spectacle "La porte plume" d'Amélie Les Crayons...
Avec ce titre, nous rentrons dans un espace temps indistinct où arrivent pêle-mêle des images sépia et presque effacées de personnes qui nous regardent du haut de l’exubérance de leur jeunesse éteinte.

"Silent Movie", c'est comme la rencontre de Pascal Comelade et de The Innocence Mission... Et puis, il y a ce travail riche et soyeux sur les arrangements avec cette Lyre, cet harmonica, cette Sanza...

Mise en images par Olivier Longre lui-même

Avec "Sur Les Toits", c'est comme si nous rentrions dans l'écran d'un cinéma qui jouerait "La Rose Pourpre Du Caire" ou "L'illusionniste" de Sylvain Chaumet.
Dans un coin, il y a Django qui fait le bœuf avec des vieux tziganes avinés et hilares tandis que des enfants dansent dans une ronde joyeuse....
 
"Smoking Eyjafjallajökull", c'est comme si Marc Ribot s'apaisait pour assister à l'éruption grandiose du géant insolent et présomptueux.
 
"Morning notes" brouille une fois de plus les frontières du temps, entre la convocation de la Damia, chanteuse parisienne des années 30 et des bruitages sans substances (Parfait exemple d'hantologie si cher aux Boards Of Canada...)
C'est comme une minute et trente secondes en apesanteur qui vous met ce frisson exquis le long du dos... Je pense parfois à Matt Elliott dans l'utilisation des voix réverbérées.
"29" est d'une beauté qui ose le lyrisme...Il ne se passe presque rien et pourtant nous sommes happés par ces notes graciles de Glockenspiel... C'est une musique de rien, de l'infiniment petit, du détail que l'on oublie, du presque tu, du presque rien...
 
"La routine" est une musique écrite à l'origine pour un duo de danseurs... Et nous les voyons là devant nous qui s'égarent dans des mouvements volatiles avec ce sourire éclatant d'un optimisme assumé.
 
"The Earliest Land" nous transporte vers d'autres deltas où un vieux noir émacié joue de la guitare slide un soir d'été dans un vieux rocking-chair qui suit le rythme du balancement de la nuit qui tombe.
"West" qui clôt "Antique Melodies" nous met les sens à l'ouest...
Nous voila partis dans la quête éternelle d'un ailleurs accueillant, d'un havre de paix, d'un lieu où nous pouvons poser nos fardeaux. Nous le sentons là, presque suffisamment prés pour le toucher mais à chaque approche il s'éloigne dans une frustration douce.
 
 
Nous revoyons nos jeux d'enfants dans ces mouvements fragiles de guitare qui rappellent les lignes douces de Don Peris,guitariste du déjà cité Innocence Mission.
Nous traversons à bicyclette ces paysages de fin de journée de Toscane avec cette torpeur bienvenue qui nous envahit et nous ramène à notre unité. Nous réapprenons la lenteur, non pas comme synonyme d'ennui mais comme un retour à soi. Nous réapprenons à vivre sereinement avec nous-mêmes, à écouter nos images défuntes qui s'animent devant nos yeux....  
 
Rien que pour cela, Olivier Longre et ses "Antiques Melodies" sont à remercier...
Rien que pour ces trente minutes qui nous permettent de n'être qu'Un face à ce soleil de fin de journée qui nous réchauffe quelque part à l'ouest de nous-mêmes...

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

Inconnus,nous sommes comme inconnus à nous mêmes
X fois rien au carré
dans la maison déserte
derrière la porte,pas de rires,
pas d'éclat de voix,
pas de chaise renversée...

dans la maison déserte,
dans ce lit froid,les ombres d'instants qui ne sont plus
dans ce lit froid,la brise des draps qui s'égarait
X fois rien au carré

dans la maison déserte,
plus de soupirs,plus cet enfant qui nous attend...
plus de reflet dans le miroir...

Dans la maison déserte,
je marche dans l'obscurité,
les murs me caressent,m'enveloppent,
les escaliers s'enroulent autour de mes jambes
dans une spirale d'envie...
Je sens battre les horloges flottantes au creux de la pierre,
La clarté qui s'estompe...


Inconnus,nous sommes comme inconnus à nous-mêmes,
X fois rien au carré
dans la maison déserte
Cette table vide et ces corps sans visage
qui ricanent en mangeant ta chair...

Dans le placard, que des cris et des silences,
dans la maison déserte,
des errances qui s'oublient

Dans la maison déserte,
Je sens le lierre qui m'enserre,
Dans la maison déserte,
Je regarde par la fenêtre
la pluie qui tombe sur la nuit

X fois rien au carré...
rien au pied du sapin,
pas de trace de traineau dans le ciel...

Dans la maison déserte,
il n'y a que moi,moi et ces murs

Comme des bruits qui résonnent
La porte s'ouvre et je ne suis déja plus là, face à d'autres murs

https://soundcloud.com/gumusics Inconnus,nous sommes comme inconnus à nous mêmes X fois rien au carré dans la maison déserte derrière la porte,pas de rires, pas d'éclat de voix, pas de chaise renversée... dans la maison déserte, dans ce lit froid,les ombres d'instants qui ne sont plus dans ce lit froid,la brise des draps qui s'égarait X fois rien au carré dans la maison déserte, plus de soupirs,plus cet enfant qui nous attend...

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

Je laisse les ombres prendre forme et s'accélerer...
Je m'absente en vapeur
Je pensais " Je me souviendrai de ça."
La pluie s'écoule sur ta joue
se multiplie dans tes yeux...

Je regarde ce vieil homme qui écrit ces mots qu'il ne comprend pas...
Je ne suis rien,à peine une silhouette ...
Je suis celui qui regrette les hommes volants...
Je ne suis rien,à peine une esquive
Juste une envie de fragments,de perles de poussière

Les étoiles continueront à te soutenir
Le soleil à saigner doucement
Le sable à échapper à nos doigts

Je pensais " d'oubli en oubli,
je t'approche"
Flamme,Flamme
Cette main qui brouille l'horizon

Je ne suis rien,à peine ce vide qui t'emplit
Assieds toi et regardons ta chair qui brule
Regarde ce père qui bascule
Je ne suis rien,à peine plus que cette vague qui s'efface
Je ne suis que couleurs mélées,
je ne suis rien,à peine un visage froid

Je pensais "courons,courons
car il n'y a que cela"
Je ne suis rien,à peine une dérive transparente
Je ne suis que des mouvements,des respirations,

Souvenir de rires cristallins,
Je pensais "Tu es là...
Tu regardes cette pierre sans comprendre..."
Brisure qui s'estompe...
Je me souviens de ce vieil homme qui me parlait d'un père absent
en me tenant les mains...

Pas à pas,
Je ne suis rien,à peine ces empreintes qui s'enlisent
Je ne suis rien à peine une lenteur essoufflée
Je pensais "Ce soupir,ce n'est que toi...
Ce n'est que toi..."
Rythme d'une chute qui s'égare

Je ne suis rien,à peine ce silence
je ne suis rien,un murmure
qui flotte ....

Je pensais "tu t'avances vers moi...
mais je ne te vois pas"
Maison mouvante et perdue
Porte fermée...
Je ne suis rien, à peine ces moments qui n'arriveront pas
Je ne suis que brise
Je ne suis que papier que tu chasses d'un regard

Je pensais "Tu ne sais pas...
l'enfant qui nage dans ce lac"
Mots qui ne veulent pas rester
qui ne veulent pas dire

Je ne suis rien,à peine un je ne sais pas
Je ne suis que il est temps
Traces d'autres disparus sur des instantanés en noir et blanc
Je ne suis qu'un départ
un écho claquant la pluie

Je pensais 'Tu n'es rien à peine cette fuite...
Tu n'es rien..."

https://soundcloud.com/gumusics Je laisse les ombres prendre forme et s'accélerer... Je m'absente en vapeur Je pensais " Je me souviendrai de ça." La pluie s'écoule sur ta joue se multiplie dans tes yeux... Je regarde ce vieil homme qui écrit ces mots qu'il ne comprend pas... Je ne suis rien,à peine une silhouette ...

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

Je laisse les ombres prendre forme et s'accélerer...
Je m'absente en vapeur
Je pensais " Je me souviendrai de ça."
La pluie s'écoule sur ta joue
se multiplie dans tes yeux...

Je regarde ce vieil homme qui écrit ces mots qu'il ne comprend pas...
Je ne suis rien,à peine une silhouette ...
Je suis celui qui regrette les hommes volants...
Je ne suis rien,à peine une esquive
Juste une envie de fragments,de perles de poussière

Les étoiles continueront à te soutenir
Le soleil à saigner doucement
Le sable à échapper à nos doigts

Je pensais " d'oubli en oubli,
je t'approche"
Flamme,Flamme
Cette main qui brouille l'horizon

Je ne suis rien,à peine ce vide qui t'emplit
Assieds toi et regardons ta chair qui brule
Regarde ce père qui bascule
Je ne suis rien,à peine plus que cette vague qui s'efface
Je ne suis que couleurs mélées,
je ne suis rien,à peine un visage froid

Je pensais "courons,courons
car il n'y a que cela"
Je ne suis rien,à peine une dérive transparente
Je ne suis que des mouvements,des respirations,

Souvenir de rires cristallins,
Je pensais "Tu es là...
Tu regardes cette pierre sans comprendre..."
Brisure qui s'estompe...
Je me souviens de ce vieil homme qui me parlait d'un père absent
en me tenant les mains...

Pas à pas,
Je ne suis rien,à peine ces empreintes qui s'enlisent
Je ne suis rien à peine une lenteur essoufflée
Je pensais "Ce soupir,ce n'est que toi...
Ce n'est que toi..."
Rythme d'une chute qui s'égare

Je ne suis rien,à peine ce silence
je ne suis rien,un murmure
qui flotte ....

Je pensais "tu t'avances vers moi...
mais je ne te vois pas"
Maison mouvante et perdue
Porte fermée...
Je ne suis rien, à peine ces moments qui n'arriveront pas
Je ne suis que brise
Je ne suis que papier que tu chasses d'un regard

Je pensais "Tu ne sais pas...
l'enfant qui nage dans ce lac"
Mots qui ne veulent pas rester
qui ne veulent pas dire

Je ne suis rien,à peine un je ne sais pas
Je ne suis que il est temps
Traces d'autres disparus sur des instantanés en noir et blanc
Je ne suis qu'un départ
un écho claquant la pluie

Je pensais 'Tu n'es rien à peine cette fuite...
Tu n'es rien..."

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

Inconnus,nous sommes comme inconnus à nous mêmes
X fois rien au carré
dans la maison déserte
derrière la porte,pas de rires,
pas d'éclat de voix,
pas de chaise renversée...

dans la maison déserte,
dans ce lit froid,les ombres d'instants qui ne sont plus
dans ce lit froid,la brise des draps qui s'égarait
X fois rien au carré

dans la maison déserte,
plus de soupirs,plus cet enfant qui nous attend...
plus de reflet dans le miroir...

Dans la maison déserte,
je marche dans l'obscurité,
les murs me caressent,m'enveloppent,
les escaliers s'enroulent autour de mes jambes
dans une spirale d'envie...
Je sens battre les horloges flottantes au creux de la pierre,
La clarté qui s'estompe...


Inconnus,nous sommes comme inconnus à nous-mêmes,
X fois rien au carré
dans la maison déserte
Cette table vide et ces corps sans visage
qui ricanent en mangeant ta chair...

Dans le placard, que des cris et des silences,
dans la maison déserte,
des errances qui s'oublient

Dans la maison déserte,
Je sens le lierre qui m'enserre,
Dans la maison déserte,
Je regarde par la fenêtre
la pluie qui tombe sur la nuit

X fois rien au carré...
rien au pied du sapin,
pas de trace de traineau dans le ciel...

Dans la maison déserte,
il n'y a que moi,moi et ces murs

Comme des bruits qui résonnent
La porte s'ouvre et je ne suis déja plus là, face à d'autres murs

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

Dans le Rock indépendant, nous désaimons souvent des groupes pour deux raisons.
Parce que ces groupes tant aimés, tant suivis tant qu'ils gardaient cette marque de noblesse de noblesse qu'est la confidentialité, perdaient de leur intérêt en devenant plus vendeurs, parfois plus lisses, plus Mainstream...
Qui de Coldplay (par exemple) avec un premier album agréable et depuis devenus des VRP du Rock pour stades ?

Bed, collectif variable autour de Benoit Burello, ne rentre pas dans ce cas de figure.

Cette album sublime fourmille de merveilles qui n'ont pas fini de marquer une influence discrète et durable sur d'autres musiciens depuis comme par exemple, les projets de Jean-Sebastien Nouveau, Immune et Les Marquises... Ce même Jean-Sébastien Nouveau qui sort d'ailleurs ces jours -çi un EP sous l'identité de Colo Colo.
Beaucoup sont restés envoûtés sous le charme boisé de "Moonlight", "Nightcap" ou "Whatnots".

"The Newton Plum" et son successeur "Spacebox" de 2003, furent deux oeuvres de l'intime, du dialogue avec soi, à mi-chemin entre Windsor For The Derby et L'Altra... Deux oeuvres qui faisaient voeux pieux d'épures...
Quelle mesure,quelles nuances dans ces pièces fragiles...

2005 voit la parution du bien-nommé "New Lines" qui divisera.
Certains (dont je ne fais pas partie) seront déçus aprés une écoute peut -être trop rapide qui ne laisse pas sa chance à la nouvelle formule pour diffuser son emprise sur l'auditeur...
Exit les décors extatiques, la sérénité douce et mélancolique...
Exit le repli sur soi....
On a coupé la barbe (et la chique) à Robert Wyatt, Mark Hollis congédié et renvoyé à sa tanière....
D'univers intérieur on a décalé vers une envie d'extorisation, de se confronter à l'autre.
Avec "Newsprint", par exemple, morceau d'ouverture de "New Lines", on est plus proches des The Sea And Cake ou Pinback que des chantres d'une certaine épure...Nous sommes dans des jalons trés Powerpop...
On sent la démarche volontaire de Benoit Burello de faire voler les étiquettes, d'être dans du collectif, être une entité groupe, former un tout, Bed...

Des titres comme "Midsummer night song" n'auraient pas dérôger sur les deux premiers albums.

Mais nous sommes parfois frileux au changement de cap...
Malgré des critiques souvent positives, "New Lines " reste un album mal-aimé ou mal écouté pour lequel il serait temps d'accorder une vrai réévaluation.

Il fallut huit longues années pour voir surgir ce "Flowersongs" qui fait que vous êtes là à me lire.
Ce "Flowersongs" comme "un petit galet posé dans la Pampa du Web" comme se plait à le dire Benoit Burello.

"Flowersongs" s'ouvre avec "Antofagasta", parfaite synthèse des deux périodes du groupe. Habile jeu d'équilibre de nuances éthérées avec cette voix haute et familière et cette volonté de jouer avec le rythme... Tout simplement tubesque !!!!

"Nickel On Steel" revient au meilleur de "New Lines" avec des références eighties

plus appuyées qui s'assument.

"Kropotkin" me rappelle, je ne me l'explique pas le "Nanortalik" de Dominique A qui jouerait avec The Notwist.


"Echoes Of Love" est un bonheur de power-pop quand "Flowers in Japan" en fin d'EP calme le rythme avec une élégance rare, proche des vétérans Yo La Tengo

Le seul défaut de "Flowersongs", le fait que ce soit un EP 5 titres qui le place parmi les plus grandes réussites de cette année 2013 et replace Bed dans l'actualité d'un groupe en constante évolution qui refuse les étiquettes qui cloisonnent

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

C'est par le titre " Bleu" que j'ai découvert la musique de Jull.

"Donne moi ta main sous le charme" chante Julien Brotel dans ce titre qui rappelle le Dominique A de "Si Je connais Harry" et "Le Gros Boris" par exemple.
Ce Dominique A que l'on retrouve un peu partout avec son influence écrasante sur la scène de par chez nous aujourd'hui.

Alors,certes par rapport à l'album précédent, "De la neige et des océans", peut-être plus original, moins référencé mais qui n'évitait pas toujours le piège d'une monochromie un peu répétitive...

Ici, Jull fait le choix de plus de spontaneité dans des territoires plus balisés avec comme points de repères "La mémoire neuve".

Ce qu'il perd en singularité,il le gagne en émotions et en frissons.
Tout le talent de Jull est en effet de parvenir à se jouer de ses références comme dans "Les ruines", superbe morceau déchirant ou "Comme un rayon" qui rappelle le suisse un peu oublié, Jean Bart.

Là où "De la neige et des océans" était plus dans le registre de la voix parlée, "Mouvement diurne" montre les capacités d'interprète et de chanteur de Julien Brotel.

"Le Brouillard" avec sa ligne mélodique fantomatique et ouatée vous hantera longtemps avec cette voix sur le tranchant de la rupture.

 

"Chavirés" prolonge le plaisir dans des tonalités douces-amères qui vous mettent le sourire aux lèvres.

 

Quand "De la neige et des océans" semblait rentrer en connivence avec la nature, "Mouvement Diurne" semble vouloir recomposer les mouvements quotidiens citadins, nos vies sans répit, sans pause.
Les morceaux prennent le pari de la durée courte comme "Les rois du monde" qui ressemblent à s'y méprendre à du Bertrand Cantat qui aurait débranché les amplis avec un lyrisme assumé.
 
"OK Happy" ressemble un peu à un intrus dans cet album plutôt acoustique.
 
"Dédicace" revient à "De la neige et des océans" avec cette singularité déconcertante et ses ambiances étranges.
 
Enfin, il y a cette longue pièce tout en ampleur, "Un Petit Arbre", véritable perle de poésie et grand grand moment de "Mouvement Diurne"... Le Morceau de l'album !!!!
"Mouvement diurne" est un bel album solaire et attachant. Il ne reste plus à Jull qu'à prendre une distance polie face à ses influences,ses références mais je suis sûr qu'ils y parviendront.
 
L'album est en téléchargement libre sur le site de L'Amicale Underground , sur lequel vous pourrez également vous en procurer une copie physique ainsi que de "De la neige et des océans".  
 

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Rédigé par Greg Bod

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Publié le 11 Juin 2013

Watine nous revient avec un projet avec le multi-instrumentiste Paul Levis,This Quiet Dust. Avec Watine, j’ouvre ce travail délicat de la chronique d’albums qui ne peuvent être pour moi que des chroniques de coeur. Je me refuse à critiquer ce que je n’aime pas, préférant me passionner pour ce qui me touche en me disant peut-être naïvement que cela vous touchera aussi. Je n’ai aucun don pour le fiel. Watine est de ces artistes de cœur pour moi mais aussi pour A découvrir absolument.

On se rappelle de son parcours discographique entamé en 2005 avec son projet Random Moods. Puis vint Dermaphrodite où s’installait doucement cet univers étrange de cette "vieille enfant" (comme elle plait à se décrire) "qui a fait le tour plusieurs fois et qui maintenant s’est assise au piano". Avec B-Side Life en 2009, elle enrichit encore ses horizons de prismes multicolores. En 2011,c’est "Still Grounds For Love" avec sa pochette superbe de Carolina Lysiak, puis son extension sous forme de remixes,Maison Watine.

Il y a un plus d’un an,Paul Levis,musicien folk,auteur de musiques de scène pour le théâtre,propose à Watine un projet autour de la poétesse Emily Dickinson. Paul Levis sera la colonne vertébrale de This Quiet Dust,il compose,joue et arrange,en laissant toute liberté à la voix de Watine de s’exprimer,de jouer avec ses limites,avec des contre-chants ou des petites amuseries dans les aigus. Ces voix sont le fil conducteur de cet album . Tout au long du Ep nous ressentons cette étrange impression de voir des ombres accueillantes qui nous accompagnent dans les prairies ensoleillées de notre enfance. C’est un album très clair,comme des comptines accidentées qui ne sont pas très loin parfois de l’univers de Mark Linkous.

Entre ces deux-là,s’instaure une harmonie palpable à l’écoute, qui libère une certaine parole, une alchimie qui estompe les différences... Mais c’est une harmonie aux facettes multiples qui nous parle d’un vide impossible à combler, d’une inépuisable curiosité, de la difficile position dans le monde, du proche et du lointain, comment y trouver sa place et parfois la réclusion pour ne pas s’obliger à l’affrontement. Une envie de spleen de douceur et de mélancolie.

Et il y a Emily Dickinson qui approche le néant de tous côtés en s’effrayant elle-même. Elle finit par se dérober au monde. Il n’y a plus de frontières entre ce qui est et l’invisible, entre la beauté et son evanescence.

Il y a aussi cette pochette de Paul Levis qui n’est pas sans rappeler celle de "Still grounds for love". Des racines,des arbres,une vie souterraine tout aussi importante que l’apparence que nous en donnons. Ce gros nuage où il pleut comme des lueurs de neige.

Comment rendre à travers des mots la sensibilité,la fragilité de ces petites gouttes de mélancolie que forment les chansons de This Quiet Dust… ? Cet EP,c’est comme un voyage joueur dans le gris clair, dans un univers de trompe l’œil émotionnel… Le petit cliquetis qui ouvre A Certain Slant Of Night,ce serait un peu comme ces petites tirettes de vieille boite à musique surannée et oubliée que l’on tenterait de réamorcer…Ce titre me ramène immédiatement vers des sensations ou des souvenirs de pas qui crissent dans la neige,de la fascination ressentie devant ces paysages immobiles. C’est un jeu entre ombres et lumières que ce titre d’ouverture.

Avec Further Than Arm Could Stretch, Paul Levis s’aventure sur les terres hantées de Sparklehorse. Les voix nous entrelacent et nous transportent dans un sentiment d’insécurité heureuse. A Lonesome glee,c’est la mélodie à nu et l’émotion au plus fort… Comme une élégie qui se jouerait du dérisoire,du superflu et du futile… Comme un haiku en forme de tsunami émotionnel qui contiendrait tout un univers dans une larme…

A la première écoute de A Long Long Sleep,ce qui me touche, ce sont ces deux voix qui se mélangent sensuellement comme deux amants qui ne voudraient pas se lâcher au petit matin pour prolonger ce moment encore et encore…

This Quiet dust nous réchauffe et nous glace dans une spirale douce…. Ces arrangements tout dans la nuance !!!! Cette trompette à mi-parcours qui apporte comme de la sérénité, comme des petites touches du David Sylvian du Secret Of The Beehive.

I told my soul to sing mêle organique et céleste comme dans une comptine qui irait voir ailleurs… Bright Knots Of Apparitions est de ces morceaux qui résument bien This Quiet Dust, une terre vaporeuse entre gris et blanc comme en référence au nuage de la pochette avec ses arbres qui cherchent leurs racines…Comme une évocation de cette lumière qui n’a pas peur d’affronter le noir, les ombres… C’est pour moi un des plus beaux titres du répertoire de Watine et un des plus beaux de This Quiet Dust… Watine n’a jamais aussi bien chanté. Elle s’empare de ce texte,le fait sien et nous fait sentir cette souffrance nimbée de douceur comme un message personnel qu’elle nous murmure au creux de l’oreille… Ce n’est plus Emily Dickinson qui nous parle mais Watine, dénudée, authentique, révélée à elle-même par tout le talent et la discrétion modeste de ce faiseur de moments privilégiés qu’est Paul Levis.

Le projet de Paul Levis et Watine nous transporte dans un univers de trompe l’œil émotionnel,de mélange de couleurs nuancées où rien n’est vraiment défini mais où tout est lumineux. Il vous laisse le choix, explorer ses côtés sombres ou se laisser aveugler par sa clarté… J’ai choisi de ne pas choisir…. This quiet dust forme un tout organique,fragile composé d’une foultitude de petits détails qui vous demanderont plusieurs écoutes pour commencer à percevoir les contours de ses nuances.C’est dans ces nuances que se cache justement un univers tortueux mais accueillant. C’est un projet qui par humilité, ose le défaut pour mieux affirmer l’humanité de ses protagonistes.

Avec cette collaboration avec Paul Levis,Watine se met au service du compositeur et de la poésie dickinsonienne, elle s’estompe et en sort grandie. Cet EP joue en permanence par petites touches sur ce petit muscle qui bat au fond de nous. Ce n’est pas un onirisme facile mais plutôt de ceux qui s’apprivoisent, de ceux qu’il faut mériter… This quiet dust, c’est un peu comme ces petites bribes de souvenirs qui s’estompent et que l’on tenterait de reformer, c’est un peu comme la lumière qui filtre à travers la poussière quand elle n’est pas trop agitée.

Le maxi EP 7 titres sur toutes les plate-formes digitales et l’album annoncé pour Octobre.

http://www.thisquietdustmusic.com

http://www.watineprod.com

http://elvmusic.com

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Rédigé par Greg Bod

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